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«Que les femmes de demain soient instruites, dynamiques et autonomes! »

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«Que les femmes de demain soient instruites, dynamiques et autonomes! »

05 juin 2024

SWEDD en action

Le chef traditionnel Maman Mansour Maiguizo Kane ne joue pas seulement le rôle d’interface entre le projet SWEDD et l’Association des chefs traditionnels du Niger, dont il est secrétaire général chargé des Relations extérieures. Il est aussi le coordonnateur régional du Conseil des autorités traditionnelles d’Afrique (COTLA) pour l’Afrique de l’Ouest francophone, en matière de la lutte contre les mariages précoces et les mutilations génitales féminines.

Le chef de canton de la commune de Tessaoua, dans la région de Maradi, officie à 890 km à l’est de Niamey, la capitale. En tant que chef traditionnel et maillon de l’administration, doté d’un pouvoir de sanction sur les chefs de village, de tribus (d’éleveurs nomades) et de quartiers, il jouit d’une grande légitimité et se montre très
actif sur la santé, la scolarité et le respect de l’intégrité physique de la femme.

Maman Mansour Maiguizo Kane a initié en 2018 à Tessaoua, en étroite collaboration avec les chefs de villages, une opération libre et volontaire de collecte de mil, en vue d’assister les moins nantis souffrant de maladies. Sur les 350 000 résidents de Tessaoua, pas moins de 8 220 familles ont contribué, permettant de rassembler 26 tonnes de mil, dont la vente a financé 418 évacuations vers les centres de soins de Maradi et Zinder, et permis de transfuser des mères souffrant d’hémorragie après l’accouchement.

Sensible au décrochage scolaire, phénomène récurrent chez les filles, Maman Mansour Maiguizo Kane a par ailleurs lancé, avec l’appui de partenaires au développement, un programme de retour à l’école pour 123 élèves n’ayant pas obtenu le Baccalauréat et le BEPC en 2018-19, puis 163 autres en 2020-21. La mobilisation de 26 maîtres répétiteurs a rendue possible cette initiative.

En outre, 200 comités ruraux de vigilance et de protection des adolescentes ont été institués dans les villages et hameaux du canton. Composés du chef de village, de l’imam, des représentants des jeunes et des femmes, ces comités sont chargés de dénoncer les cas de mariages précoces, forcés, de non scolarisation ou déscolarisation de la jeune fille, de viols et agressions sexuelles, ainsi que les cas de refus constatés chez les jeunes filles et femmes de fréquenter les centres de santé.

La création d’espaces sûrs pour la jeune fille de 13 à 19 ans en milieu rural vise à renforcer ce dispositif et à former à des métiers porteurs sur le plan local. Des cours d’alphabétisation, ainsi que des modules relatifs à l’hygiène corporelle, la protection de l’environnement et la pratique des cultures irriguées sont prévus dans ce cadre, de même qu’un service d’écoute, de conseil et d’orientation.

« Nous luttons pour que la femme de demain soit différente de celle d’aujourd’hui, conclut le chef traditionnel. Nous la voulons instruite, dynamique, autonome, respectueuse de son environnement et de ses valeurs sociales ».

 

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